Je suis forcément partisane de mettre en valeur les symboles de la culture africaine. Avec le style de Joseph, je suis servie.
L'association des influences culturelles mixtes est très bien dosé, entre la tunique en wax et les attributs plus occidentaux et urbains du jean slim, des boots et du sac à dos en cuir. Ce qui marche particulièrement bien dans la tenue de Joseph, c'est qu'une seule pièce permet de donner un ton particulier à l'ensemble du look. Une pièce forte.
J'ai toujours (eu) du mal à trouver un resto convenable dans le quartier
d'Opéra. C'est pourtant un endroit où j'aime aller au cinéma le soir, après avoir fait un tour dans les Grands Magasins... Et puis c'est assez central, et donc facile d'accès pour tout le monde. Mais honnêtement, j'ai souvent trouvé que l'offre de restaurants y était déprimante : des franchises moyennes ou des restaurants soit hors de prix soit dont le service n'est pas suffisamment souple pour s'accorder avec l'agenda bousculé d'une soirée au cinéma... Difficile de trouver un juste milieu.
Jusqu'à ce que je découvre il y a peu le HANOI CÀ PHÉ.
Quelle bonne surprise. Un cadre agréable, un peu trendy, qui m'a un peu rappelée le Tokyo Eat, café du Palais de Tokyo, une carte healthy avec des plats qui font envie (stop au Mc Do), une bonne ambiance et un service éclair. Que demande le peuple ?
Je dois dire qu'au début, et au vu de l'emplacement du Cà Phé, j'étais sceptique... Je voyais déjà la prétendue cantine vietnamienne un peu trendy mais où les produits viennent tout droit de chez je ne sais quel fournisseur en surgelés.
Eh bien j'ai fait fausse route.
J'ai choisi le Saté Bun, bo bun à la viande de bœuf Label Rouge et sauce saté et nems de légumes. Je n'ai pas regretté !
Comme vous avez dû l'apercevoir sur les réseaux
sociaux, je suis allée voir dernièrement l'exposition photos de Seydou Keïta au Grand
Palais ; une jolie parenthèse dépaysante, en noir & blanc.
Seydou Keïta
est un photographe qui a vraiment marqué son époque. Il a révélé aux yeux de tous le Bamako de la fin des années 50, et en particulier
la jeunesse de l'époque. Son travail est comme un témoignage des tendances adoptées par la population, en particulier au niveau du style vestimentaire et des coiffures... Ce qui laisse d'ailleurs transparaître l'évolution de la société bamakoise : l'envie de modernité, l'ouverture sur la culture U.S et occidentale de manière générale, le respect malgré tout des traditions....
J'aurais pu passer des heures à scruter les clichés à la recherche de détails du quotidien qui ont marqué ce temps-là, comme marques de cicatrices sur le bras (probablement dues aux vaccins), les scarifications tribales, les accessoires signes de richesse extérieure...
Le
photographe était un adepte des portraits, qu'il a révolutionnés en
proposant à ces clients & modèles de poser de trois-quart et en les prenant en diagonale, de façon à les magnifier.
Chaque portrait est travaillé, structuré. Rien n'était laissé au hasard, d'autant plus que Seydou Keïta ne prenait qu'un seul et unique cliché de ses clients. Il valait donc mieux que ce soit le bon ! Parfois le photographe forçait même une position de main, un regard ou une expression.
Plusieurs salles se
succèdent dans cette aile du Grand Palais, avec des portraits tirés en
très grand format, mais également une salle où des centaines de petits tirages
originaux "vintages" se retrouvent exposés à la curiosité des visiteurs.
Je
n'ai pu m'empêcher de noter certains des cadres "faits main" en papier qui rendent d'autant plus touchantes les photographies car elles démontrent l'envie de rendre ces photos (et leurs modèles) belles quoi qu'il arrive. Et quel système
D.! Ce que tu ne trouves pas (dans les magasins, sur les marchés), c'est
simple, fabrique-le !
Signe d'un autre temps encore, certains tirages présentés ont été re-colorisés à l'époque, avec plus ou moins de brio d'ailleurs.
C'est amusant de voir comme certains artistes vous marquent plus que d'autres... Fary fait partie de cette première catégorie, pour plusieurs raissons. J'ai
découvert Fary comme probablement beaucoup de monde au JCC, le Jamel
Comedy Club. Il y avait proposé quelques sketchs très différents de ce
que j'y avais vu avant.
Ses thèmes pouvaient être les mêmes que ceux habituellement entendus au JCC, mais la manière de les aborder cassait
les codes. Plus smart, plus élégant, plus posé... Un débit très particulier avec
cette diction un peu hachée mais à la fois, curieusement, presque mélodique. L'opposé du style mitraillette et grands cris auquel on est
habitués (et que je ne renie pas car cela me fait toujours marrer) dans
le stand-up. A tel point que j'ai classé Fary dans une catégorie de "stand-up intelligent". Ça ne veut rien dire, je sais... Mais après tout, j'ai lu quelque part qu'il préférait qu'on parle de lui en tant qu’humoriste plutôt qu'en tant que spécialiste du stand-up.
En attendant, d'aller le découvrir sur scène, j'ai fait comme beaucoup de gens, j'ai regardé des extraits de son spectacle sur Youtube. J'ai trouvé amusante sa propension à l'égotrip quand il évoque son style vestimentaire, résolument différent des sempiternels t-shirt-blanc + chemise en jean ou chemise noir + veste noire. Je suis assez fan de ctette originalité !
Et puis à force de regarder des vidéos sur internet, j'ai découvert la mini polémique dont Fary a été victime il y a déjà un moment (en 2010), dans On Ne Demande Qu'A en Rire (à revoir en partie ici).
J'ai ressenti, si ce n'est une certaine injustice, en tous cas une incompréhension face à la violence de la critique, voire même, de ce qu'on peut appeler une agression. Et j'ai encore plus aimé le personnage... Je pense même que c'est ce qui m'a décidée à enfin m'activer et prendre mes billets pour son spectacle, Fary Is The New Black.
Je devais aller voir Fary au Bataclan le 22 novembre. Mais sont arrivés les tragiques évènements que l'on connait.
Finalement,
Fary a été reprogrammé très rapidement à Bobino (coïncidence étonnante quand on
sait que je l'y attendais lors de Bobino fête ses 40ans).
L'ambiance
était un peu particulière. Comme beaucoup peut-être, je n'ai pas pu
m'empêcher de jeter un œil inquiet, parfois, aux différentes points d'accès du
théâtre, avec la crainte de voir débarquer quelqu'un... Alors même
que je savais que le risque était franchement faible, voire proche de
zéro en termes de probabilité.
Heureusement, ce qui se passait sur scène était captivant et a pris le dessus.
Nous avons eu le droit à deux premières parties, avec Jason Brokerss et Lenny Harvey...
Le 1er est d'ailleurs co-auteur du spectacle de
Fary. J'y ai d'ailleurs retrouvé quelques similitudes dans le style. Il a abordé les sujets liés à l'immigration de manière plutôt intéressante.
Quant à Lenny Harvey, sa manière de traiter les relations hommes-femmes était hilarante. Les deux m'ont donné envie d'aller les découvrir plus longtemps sur scène.
Et puis Fary est arrivé, avec sa dégaine de ninja-hispter-rasta-chic...
Je pense qu'on aurait déjà pu ne l'applaudir que pour ça. Et c'est probablement ce que l'on a fait ! Au départ...
Car on s'est vite laissés embarquer dans le délire mélodique Fary-ien, dans sa vision pertinente des situations et thèmes de la vie quotidienne : les relations humaines, la mode, l'homosexualité, Paris, le Cap-Vert, les leggings... et même de l'IPhone 6 !